Que faire à Séville en 3 jours : top 10 des incontournables
Il y a des villes qu’on visite et des villes qui vous attrapent. Séville est de la seconde catégorie : une lumière dorée sur les façades ocre, des orangers dans toutes les rues, des patios qu’on aperçoit par une porte entrouverte et une odeur de jasmin dès que le soir tombe !
Si vous vous demandez que faire à Séville, sachez que la capitale andalouse a de quoi ravir tous les profils de voyageurs : vous y trouverez notamment des bâtiments exceptionnels comme le plus ancien palais royal d’Europe encore en activité ou encore la plus grande cathédrale gothique du monde Mais visiter Séville en 3 jours vous laissera également du temps pour flâner dans certains quartiers magnifique, comme quartier de Triana, de l’autre côté du fleuve, où le flamenco est né. Le tout dans un centre qui se traverse à pied !
C’est aussi la ville qui a inspiré Carmen, Don Juan et le Barbier de Séville, celle d’où partaient les galions vers les Amériques, et celle où la Semaine sainte et la Feria d’avril retournent les rues pendant des jours. Autant dire qu’on ne vient pas à Séville seulement pour cocher des monuments !
Dans cet article, on vous partage notre top 10 des incontournables de Séville, parfait si vous voulez visiter Séville en 3 jours sans vous presser. On les a rangés dans l’ordre où ils s’enchaînent à pied, et on a mis nos bonnes adresses de tapas à la fin !
Les parties de notre article sur Séville
1- Visiter le Real Alcázar à Séville

S’il y a bien une chose à ne pas manquer si vous visitez Séville en 3 jours, c’est ce palais extraordinaire. Le Real Alcázar est le plus ancien palais royal d’Europe encore en activité, et le roi d’Espagne y séjourne toujours quand il vient en Andalousie.
Ce qui le rend unique, c’est son empilement d’époques. Les Almohades le fondent au XIIᵉ siècle, les rois chrétiens le reconstruisent au XIVᵉ en faisant travailler des artisans musulmans, et le résultat est le mudéjar le plus abouti qui existe : des plafonds à muqarnas, des azulejos jusqu’à mi-hauteur, des patios en enfilade.
Et derrière le palais, sept hectares de jardins avec des bassins, des orangers, des paons en liberté et une galerie souterraine sous la terrasse. Vous y passerez facilement deux heures sans voir le temps filer, mais attention : c’est le monument le plus fréquenté de la ville et les créneaux partent plusieurs jours à l’avance en haute saison.
On vous conseille de réserver en ligne et de prendre la première ouverture du matin, et comptez une bonne demi-journée si vous voulez faire les jardins correctement. Si vous souhaitez faire la visite guidée du palais Real Alcázar à Séville, on vous partage le lien ci-dessous qui vous permet de réserver avec des billets coupe-file.






2- Monter à la Giralda et visiter la cathédrale de Séville

On continue cet article sur que faire à Séville avec un autre incontournable qui se situe juste en face de l’Alcázar : la cathédrale de Séville, qui est aussi la plus grande cathédrale gothique du monde. Vous ne vous en rendrez vraiment compte qu’à l’intérieur, quand vous lèverez la tête sous des voûtes à 37 mètres de haut.
Vous y trouverez le tombeau de Christophe Colomb, porté par quatre statues représentant les royaumes d’Espagne, et un retable majeur qui a demandé plus de quatre-vingts ans de travail. C’est le plus grand retable au monde, avec plus de mille figures sculptées, et il faut plusieurs minutes pour en faire le tour du regard.
Mais ce qui rend la visite de la cathédrale de Séville si particulière, c’est la Giralda. Cet ancien minaret almohade de 104 mètres a été conservé quand la mosquée a été rasée, et on y monte non pas par un escalier mais par une rampe de trente-quatre paliers, construite pour qu’un cavalier puisse monter à cheval !
Là-haut, vous aurez la meilleure vue de Séville, avec les toits ocre à perte de vue et l’Alcázar en contrebas. Le billet est combiné avec la Giralda et l’Iglesia Colegial del Divino Salvador, une superbe église baroque à dix minutes à pied : pensez à l’utiliser, beaucoup de visiteurs l’oublient.
On vous mets le lien ci-dessous si vous voulez réserver vos billets pour la cathédrale de Séville et la tour Giralda en avance.


3- Se perdre dans le quartier de Santa Cruz, le cœur de Séville

C’est l’ancien quartier juif de Séville, et c’est celui qui colle à l’image qu’on se fait de la ville. Vous y trouverez des ruelles de deux mètres de large, des murs blanchis à la chaux, des géraniums aux balcons et des placettes qui apparaissent au détour d’un angle sans que rien ne les annonce.
Ce qui le distingue, c’est sa densité : il n’y a pas un monument à voir, il y a une atmosphère à traverser. Le quartier est né du regroupement forcé de la communauté juive au XIIIᵉ siècle, d’où ce dédale volontairement illisible dans lequel vous vous perdrez encore aujourd’hui, GPS ou pas.
Cherchez la Plaza de Doña Elvira et ses bancs en azulejos, la Plaza de Santa Cruz et sa croix en fer forgé, et la callejón del Agua qui longe les murs de l’Alcázar. Et surtout, laissez-vous porter : c’est la seule façon correcte de visiter Santa Cruz.
Petit conseil : passez-y tôt le matin ou après 20h. Entre 11h et 18h, les ruelles sont saturées et vous ne verrez que des dos. Le soir, quand les terrasses s’allument et que les touristes sont partis dîner, le quartier redevient lui-même !


4- Découvrir la Plaza de España et le parc de María Luisa

Voilà le lieu le plus photographié de Séville, et il ne déçoit pas. La Plaza de España a été construite pour l’Exposition ibéro-américaine de 1929, en demi-cercle de deux cents mètres de diamètre, avec un canal, quatre ponts et deux tours.
Sa particularité tient dans son détail : tout le pourtour est couvert de quarante-huit bancs en azulejos, un par province espagnole, chacun avec sa carte et une scène de son histoire. Vous pouvez facilement y passer une heure à chercher les provinces que vous connaissez, et c’est un excellent jeu si vous voyagez avec des enfants.
Vous pouvez aussi louer une barque pour environ 6€ la demi-heure et faire le tour du canal, mais bon c’est forcément un peu touristique selon nous… Et si le décor vous semble familier, c’est normal : il a servi de palais de Naboo dans Star Wars.
La place se prolonge directement dans le parc de María Luisa, quarante hectares de jardins avec des bassins, des pavillons d’exposition et des allées ombragées. C’est l’endroit où respirer au milieu d’une journée de visites, et un vrai bonheur en été. Rien de tel qu’un tour du parc à vélo en fin de journée !



5- Grimper à la Torre del Oro, au bord du Guadalquivir

Sur les bords du Guadalquivir, cette tour dodécagonale a été construite par les Almohades au XIIIᵉ siècle pour contrôler l’accès au port. Une chaîne partait de sa base jusqu’à l’autre rive pour bloquer les navires.
Son nom vient de l’éclat doré que ses azulejos donnaient autrefois à ses murs, et pas de l’or des Amériques comme on le lit souvent — même si c’est bien ici que débarquaient les galions. Aujourd’hui elle abrite un petit musée naval.
La visite est courte, une petite demi-heure, et l’intérêt est surtout la terrasse : vue sur le fleuve, sur Triana en face et sur la Giralda de l’autre côté. Pour quelques euros seulement, c’est l’un des meilleurs rapports vue-prix de Séville, et l’un des rares monuments où vous n’attendrez pas.
On vous conseille d’enchaîner avec une promenade le long du fleuve jusqu’au pont de Triana !
6- Visiter la Plaza de Toros de la Real Maestranza de Séville

C’est l’arène la plus ancienne d’Espagne encore en activité, commencée en 1749 et terminée plus de cent ans plus tard. Et c’est aussi, de l’avis général, la plus belle du pays.
Ce qui la rend particulière, c’est sa forme : elle n’est pas ronde mais légèrement ovale, parce qu’elle a été construite par tranches successives sans plan d’ensemble. Le résultat est un anneau blanc et ocre de treize mille places, avec la loge du prince couverte de tuiles vernissées.
La visite guidée dure environ quarante minutes et vous fait passer par les arcades, le musée, la chapelle où les toreros prient avant d’entrer et l’infirmerie chirurgicale, encore équipée. Elle est menée en espagnol et en anglais, en alternance, et il vaut mieux vérifier l’horaire de la version française à l’accueil.
Sur le fond, la corrida divise et on comprend très bien qu’on puisse refuser d’y assister. La visite du bâtiment est un autre sujet : c’est un morceau d’architecture et d’histoire sévillane, et on peut la faire sans jamais voir un taureau. On vous partage le lien ci-dessous si vous voulez faire une visite guidée des arènes de Séville avec un billet coupe-file.
7- Traverser le Guadalquivir jusqu’au barrio de Triana

On passe le pont d’Isabelle II, dit pont de Triana, et on change de ville. Triana est resté un village dans Séville, avec sa fierté propre, ses bars sans touristes et son accent qu’on reconnaît.
C’est le berceau du flamenco et de la céramique sévillane, et les deux se voient encore. Les ateliers d’azulejos alignent leurs vitrines sur la calle Alfarería et la calle Antillano Campos, et plusieurs travaillent encore à la main !
Le cœur du quartier, c’est le Mercado de Triana, installé sur les fondations du château de l’Inquisition. Vous y déjeunerez au comptoir, au milieu des étals de poisson et des bars à tapas installés entre les allées, et c’est l’un des meilleurs endroits de Séville pour manger bien et pas cher.
Prenez ensuite la calle Betis, la rue qui longe le fleuve avec ses maisons colorées : c’est de là qu’on a la plus belle vue sur Séville, avec la Giralda et la Torre del Oro alignées de l’autre côté de l’eau. Impossible de visiter Séville sans passer une soirée à Triana.
8- Monter sur les Setas de Sevilla

Après tout ce baroque et ce mudéjar, voilà l’inverse absolu. Les Setas de Sevilla, ou Metropol Parasol, forment la plus grande structure en bois du monde, posée en 2011 au milieu d’un quartier ancien.
Les Sévillans les appellent « les champignons », et l’objet a beaucoup divisé à sa livraison. Vingt ans plus tard, il fait partie du paysage, et il a l’avantage de donner à Séville ce qui lui manquait : un point de vue moderne au cœur de la ville.
Vous montez par ascenseur jusqu’à une passerelle sinueuse qui serpente sur le toit, à une trentaine de mètres au-dessus de la place. La vue est à 360° et très différente de celle de la Giralda : plus rase, plus urbaine, avec la cathédrale qui se détache d’un coup au loin.
On vous conseille vraiment le créneau du coucher de soleil : la lumière prend les toits par l’ouest, et un jeu de lumières s’allume ensuite sur la structure. Et en sous-sol, l’Antiquarium expose les vestiges romains découverts pendant le chantier, inclus dans le billet. On vous mets le lien ci-dessous pour réserver vos billets aux Setas de Séville.
9- Découvrir les patios de la Casa de Pilatos à Séville

C’est le palais qu’on visite quand on a aimé le Real Alcázar à Séville et qu’on en veut encore. Construit à partir de 1483 par la famille des ducs de Medinaceli, il porte ce nom parce qu’on l’a longtemps cru copié sur la maison de Ponce Pilate à Jérusalem.
Son patio principal est l’un des plus beaux d’Andalousie : une double galerie d’arcades, des azulejos du XVIᵉ siècle sur toute la hauteur des murs, une fontaine génoise au centre et vingt-quatre bustes d’empereurs romains dans les niches.
Ce qui le rend intéressant, c’est le mélange assumé. Le rez-de-chaussée est mudéjar, l’étage est Renaissance italienne, et l’escalier qui relie les deux est couvert d’une coupole dorée : vous voyez très concrètement l’Espagne du XVIᵉ siècle hésiter entre deux mondes, à un étage d’intervalle.
Et le grand avantage, c’est qu’il n’y a presque personne. À dix minutes de la cathédrale, vous visiterez tranquillement ce que vous auriez fait au coude à coude à l’Alcázar. L’étage se visite en supplément, avec un guide.
10- Voir un spectacle de flamenco à Séville

On termine cet article sur que faire à Séville avec la seule chose de cette liste qui ne soit pas un monument. Le flamenco est né en Andalousie, et à Séville il se voit tous les soirs, à tous les niveaux de prix et de qualité.
Il faut savoir distinguer trois formats, et c’est ce qui fera la différence entre une bonne et une mauvaise soirée. Le tablao est un lieu dédié, avec un plateau, un cachet et un vrai niveau technique. La peña est une association de quartier, moins spectaculaire mais souvent plus juste. Et le grand dîner-spectacle des hôtels est à éviter, c’est du folklore pour cars.
Les tablaos les plus réputés se trouvent dans Santa Cruz et à Triana, et il faut réserver, les salles sont petites. Comptez une heure de spectacle, et sachez que le chant et la guitare comptent autant que la danse !
On vous conseille vraiment de garder ça pour le dernier soir. Après trois jours à marcher dans la ville, on entend cette musique complètement différemment !
Si vous voulez voir un spectacle de flamenco à Séville, on vous conseille d’aller au Tablao Flamenco Las Setas. Il n’est pas dans Triana, mais en plein cœur de la vieille ville et leurs spectacles sont vraiment magnifiques : vous pouvez réserver vos places directement via le lien ci-dessous.
Les autres points d’intérêts de Séville

Que faire de plus à Séville
- Le Palacio de la Condesa de Lebrija : pour ses sols pavés de mosaïques romaines authentiques rapportées du site d’Itálica.
- La Basílica de la Macarena : la Vierge la plus vénérée d’Andalousie
- Le Museo de Bellas Artes : la deuxième collection de peinture espagnole après le Prado.
- Le Mercado de Feria : le plus ancien marché de la ville, dans un quartier populaire.

Où se restaurer à Séville
- El Rinconcillo : le plus ancien bar à tapas de Séville.
- Espacio Eslava : la tapa créative, celle qu’on retrouve dans tous les guides gastronomiques.
- Bar El Comercio : pour les petit-déjeuners andalous.
- La Terraza del EME : le rooftop face à la Giralda, pour l’apéro !

Nos astuces dans Séville
- Réservez l’Alcázar et la cathédrale plusieurs jours à l’avance
- Évitez juillet et août : Séville dépasse régulièrement les 40°
- Dînez tard : avant 21h vous serez seuls dans les restaurants

